Depuis le 1er octobre 2026, plusieurs mesures modifient concrètement la prise en charge des soins et des médicaments en France. Remboursement des protections menstruelles, accès élargi au dispositif « Mon soutien psy », nouvelles règles pour les patients en affection longue durée : on fait le point sur les actualités santé qui changent la donne cette semaine.
Médicaments en ALD remboursés à 15 % : ce qui change pour les patients chroniques
Un patient en affection longue durée (ALD) qui récupère ses traitements habituels en pharmacie peut avoir une mauvaise surprise depuis début octobre. Les médicaments à service médical rendu faible ne sont plus pris en charge à 100 % au titre de l’ALD. Ils passent à un remboursement limité à 15 %, conformément à un décret publié au Journal officiel le 17 avril 2026.
En pratique, cela signifie un reste à charge plus élevé sur certains traitements de confort ou d’appoint prescrits dans le cadre d’une maladie chronique. Pour les personnes qui disposent d’une complémentaire santé, la mutuelle peut compenser la différence, mais les retours varient sur ce point selon les contrats.
On peut consulter les dernières nouvelles sur Santé Info pour suivre l’évolution de ces mesures de remboursement au fil des semaines.
Le signal envoyé par cette réforme est clair : la Sécurité sociale recentre ses dépenses sur les médicaments dont l’efficacité thérapeutique est jugée suffisante. Pour les patients concernés, vérifier la liste de ses traitements avec son médecin devient une démarche utile, ne serait-ce que pour identifier des alternatives mieux remboursées.

Protections menstruelles réutilisables : un remboursement qui entre en vigueur
Le remboursement de certaines protections menstruelles réutilisables évolue en France depuis octobre 2026. Cette mesure concerne des produits comme les cups menstruelles ou les culottes lavables, longtemps restés à la charge exclusive des utilisatrices.
Sur le terrain, la mise en place reste progressive. Toutes les références ne sont pas encore éligibles, et les conditions précises de prise en charge dépendent du dispositif retenu par l’Assurance maladie. Ce qu’on sait : le remboursement cible les protections certifiées et réutilisables, pas les produits jetables classiques.
Pourquoi cette mesure compte en santé publique
Les protections réutilisables réduisent l’exposition à certaines substances chimiques présentes dans les produits jetables. Plusieurs experts en santé environnementale pointaient depuis des années les risques liés aux résidus de pesticides et aux parfums synthétiques.
Pour les personnes concernées, la démarche est simple :
- Vérifier que le produit choisi figure sur la liste des protections éligibles au remboursement
- Conserver la facture d’achat pour la transmission à l’Assurance maladie
- Consulter son pharmacien pour connaître les marques référencées dans son officine
Dispositif « Mon soutien psy » : un accès élargi en octobre 2026
Le dispositif « Mon soutien psy » devient plus accessible financièrement depuis le 1er octobre 2026. L’extension entrée en vigueur élargit l’accès à des rendez-vous de prévention pris en charge intégralement à plusieurs âges clés de la vie. Cette évolution concerne aussi bien les jeunes adultes que les personnes plus âgées confrontées à des troubles anxieux ou dépressifs.
En psychologie clinique, la barrière financière reste le premier frein à la consultation. Beaucoup de patients repoussent un premier rendez-vous parce que le reste à charge dépasse leur budget mensuel. Avec cette prise en charge élargie, on passe d’un dispositif réservé à certaines tranches d’âge à un accès plus large.
Trouver un psychologue conventionné près de chez soi
La difficulté concrète, c’est la disponibilité des praticiens. Le nombre de psychologues conventionnés dans le cadre de « Mon soutien psy » reste inégal selon les territoires. En zone rurale, les délais d’attente peuvent s’allonger sensiblement.
- Utiliser l’annuaire en ligne du dispositif pour repérer les psychologues participants dans sa commune
- Demander à son médecin traitant une lettre d’adressage, condition nécessaire pour bénéficier de la prise en charge
- Privilégier les créneaux en téléconsultation si aucun praticien n’est disponible à proximité

Signaux de pharmacovigilance européenne : sémaglutide et liraglutide sous observation
L’Agence européenne des médicaments (EMA) a examiné cinq nouveaux signaux de sécurité lors de la réunion d’octobre 2026 de son comité PRAC. Parmi les molécules concernées figurent le sémaglutide et le liraglutide, deux substances largement prescrites dans le traitement du diabète de type 2 et, plus récemment, dans la prise en charge de l’obésité.
Aucune procédure de réévaluation formelle n’a été lancée à ce stade. Le comité PRAC a étudié les données disponibles sans juger nécessaire d’ouvrir un « referral », la procédure qui précède un éventuel retrait ou une restriction d’autorisation de mise sur le marché.
Ce que cela signifie pour les patients sous traitement
Un signal de pharmacovigilance n’est pas une alerte sanitaire. C’est une observation statistique qui justifie une surveillance renforcée. Aucune modification de prescription n’est recommandée à ce jour pour les patients qui utilisent ces traitements.
Pour les professionnels de santé, la tendance à surveiller concerne surtout l’usage hors AMM de ces molécules à des fins de minceur. La croissance rapide des prescriptions dans ce contexte augmente mécaniquement le nombre d’effets indésirables signalés, sans que cela traduise forcément un risque accru par rapport aux données connues.
Ces quatre sujets illustrent une semaine dense en actualités santé, entre réformes de remboursement et vigilance sur les traitements les plus prescrits. Le fil commun : des changements concrets qui touchent directement le quotidien des patients et des soignants, et qui méritent qu’on s’y arrête avant de passer à la semaine suivante.



